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Développement économique et social / Lutte contre la pauvreté en milieu rural / Quelles stratégies du gouvernement pour faire prospérer les producteurs ?


Développement économique et social / Lutte contre la pauvreté en milieu rural / Quelles stratégies du gouvernement pour faire prospérer les producteurs ?

Développement économique et social /Lutte contre la pauvreté en milieu rural 
Quelles stratégies du gouvernement pour faire prospérer les producteurs ?

La lutte contre la pauvreté est l’une des priorités du gou­vernement togolais sous la houlette du Chef de l’Etat. Le Programme d’Urgence de Dé­veloppement Communautaire (PUDC) est une illustration de cette politique résolument tournée vers la satisfaction des besoins basiques à savoir : manger à sa faim, disposer d’eau potable, habiter un en­droit éclairé, se soigner correc­tement et à moindre coût, payer les frais de scolarités de ses enfants, circuler sur des pistes en lieu et place des sentiers.

Dans tous ces domaines, les progrès réalisés par le gou­vernement sont indéniables. Les responsables du pays ont vite compris que la dé­mocratie, l’Etat de droit que nous souhaitons tous conso­lider seraient des vains mots si les conditions de vie des populations ne changent pas dans le sens positif.

Le gouvernement a compris très tôt qu’on ne peut pas faire une bonne politique si le dé­veloppement économique et social n’est pas au ren­dez-vous. Comment parler de la démocratie à un peuple si le panier de la ménagère de­meure vide. Inutile de faire ici la litanie des réalisations du gouvernement au cours des cinq dernières années. On peut tout de même faire noter des centaines de pistes rurales réhabilitées ou construites et routes bitumées dans les cinq régions administratives du pays. Des ponts construits pour désenclaver des localités ce qui favorise la mobilité et la circulation des hommes et des marchandises en toutes saisons de l’année.

Le 3ème quai du Port Auto­nome de Lomé, la réorgani­sation de la filière café-cacao, la construction de plusieurs grands marchés font aussi partie des grands chantiers réalisés par le gouvernement. Partout, hôpitaux et nouveaux centres de santés ont per­mis de rapprocher les unités de soins des patients et per­mis l’amélioration de la qua­lité des traitements et de la prise en charge des malades. Sur le plan social, une amé­lioration notoire a été faite dans le traitement des sa­laires des fonctionnaires et autres agents de l’Etat même si l’on admet volontiers que la situation de départ, c'est-à-dire les salaires de base avant 2006 étaient excessivement bas. C’est ce départ faussé qui fait que malgré les différentes augmentations, les salariés se trouvent toujours en diffi­culté face à la cherté de la vie.

Comment faire pros­pérer tout le monde ?

L’ambition affichée et maintes fois rappelée par les autorités et particulièrement par le Pré­sident togolais est de faire pros­pérer toutes les couches so­ciales de la nation. En d’autres termes, le développement si­gnifie, prospérité et progrès pour tous les habitants des villes et des hameaux les plus reculés. Tous les travailleurs, les fonctionnaires, les ouvriers, les artisans et les cultivateurs doivent bénéficier à la mesure de leurs efforts, du fruit de la croissance ; personne ne doit se sentir en marge du dévelop­pement et du progrès écono­mique de notre cher pays.

Trouver une parade au paradoxe du monde rural

Le monde rural représente à lui seul près de 70% de la po­pulation active de notre pays. Ce sont ces habitants des campagnes qui produisent les denrées alimentaires (maïs, sorgho, riz, igname, ma­nioc etc.) et autres produits de rente (café, cacao, coton) dont le Togo a besoin pour sa consommation. Mais d’après les statistiques plus de 60% des pauvres, ceux qui vivent avec moins d’un dollar (600 FCFA) par jour, se trouvent en milieu rural. C’est d’ailleurs, la raison pour laquelle ces programmes d’urgence de développement communautaire ciblent prio­ritairement les populations du monde rural. Si malgré les efforts que le gouvernement déploie à travers le minis­tère de l’agriculture et autres institutions d’aide et d’appui au monde rural, on observe qu’une large majorité de pro­ducteurs demeure dans la pré­carité, il y a lieu de s’interro­ger sur ce qui ne marche pas.

Dans les pays développés comme les Etats-Unis d’Amé­rique, la puissance écono­mique s’est d’abord appuyée sur l’agriculture. L’ancien Pré­sident des Etats-Unis JIMMY Carter fut un agriculteur, pro­ducteur d’arachides. Dans les conditions normales, le pro­ducteur togolais du maïs, du sorgho, d’ignames ou d’ara­chides devait pouvoir pros­pérer par le fruit de son la­beur. Prospérer signifierait pour lui, vendre ses produits pour se soigner correctement, se loger un peu confortable­ment, payer les études univer­sitaires de ses enfants, avoir un moyen de déplacement, se payer un poste téléviseur pour suivre les informations.

Si notre pays a atteint l’autosuf­fisance alimentaire et exporte les denrées agricoles, c’est bien parce que les producteurs sont de laborieux travailleurs. Il est donc paradoxal que ces hé­roïques citoyens qui affrontent l’hostilité de la nature parfois au moyen d’outils aratoires ru­dimentaires pour nourrir les populations des villes restent dans l’extrême précarité.

Il est grand temps que cet état de fait particulièrement choquant soit porté à la connaissance des plus hautes autorités du pays afin qu’une réflexion approfon­die soit menée sur les stratégies à élaborer et à mettre en œuvre, en vue de faire prospérer nos valeureux producteurs. Car l’une des conséquences de la paupérisation des producteurs du monde rural, c’est la migra­tion massive de la jeunesse vers les villes, constatée ces der­nières années où elle ne trouve aucun intérêt au travail de la terre. Ce phénomène entraine d’ailleurs une extension anar­chique des grandes villes, oc­casionnant des problèmes sécuritaires, sa­nitaires et environnementaux.

L. CAMARA

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